Actualités

Canicule et niveaux de la nappe dans le Ried

La vague de chaleur s'est installée, et avec elle les questions sur l'évolution des niveaux de la nappe cet été, notamment dans le secteur sensible du Ried. L'APRONA suit ces niveaux en continu, mais ne réalise pas de prévision saisonnière : l'évolution au cours de l'été dépend d'une météo encore inconnue à l'échelle de plusieurs semaines. Voici en revanche l'état des lieux au 25 juin.

 

Cinq points de référence dans le grand Ried

L'APRONA suit un point de référence dans chacun des cinq secteurs du grand Ried : Rossfeld, Hilsenheim, Baldenheim, Illhaeusern et Guémar. Au 25 juin, le seuil de vigilance est franchi dans quatre d'entre eux : Rossfeld, Hilsenheim, Illhaeusern et Guémar. Seul Baldenheim reste pour l'instant au-dessus. À Illhaeusern, où la baisse est la plus marquée et la plus précoce, le niveau a franchi le seuil d'alerte. Les niveaux de ces cinq points sont consultables en continu (liens en fin d'article).

Evolution du niveau de la nappe à Illhaeusern depuis le 18 juin 2026 (logiciel SIEAU - Aquasys)

 

Un premier palier, le seuil de vigilance

Dans ce secteur, classé par la préfecture en zone de gestion sécheresse Ried Centre Alsace, ce sont les niveaux de la nappe qui servent de référence aux mesures de restriction. Ces mesures suivent quatre paliers : vigilance (atteinte des cours d’eau vulnérables), alerte (atteinte forte des cours d’eau), alerte renforcée, crise (atteinte très forte des cours d’eau). Le seuil de vigilance, le premier d'entre eux, appelle aux économies d'eau mais n'entraîne pas de restriction obligatoire. Les mesures contraignantes débutent au palier d'alerte. La décision de les déclencher relève du préfet et les arrêtés en vigueur sont consultables sur les sites des préfectures du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

 

Deux mouvements qui se jouent en même temps

Le niveau d'un piézomètre résulte à chaque instant de ce qui entre dans la nappe et de ce qui en sort. Côté entrées, la période de recharge s’est achevée sur des niveaux légèrement sous les normales, mais avec de forts déficits de précipitations en mars, avril et mai et une baisse amorcée dès courant mai. Côté sorties, la chaleur augmente l'évapotranspiration des végétaux et les prélèvements, dont l'irrigation agricole.

On en lit la trace dans les courbes : entre le 13 et le 15 juin, une rupture nette de pente apparaît sur ces points, qui correspond à la montée en charge de l'irrigation. Cette sensibilité aux prélèvements, à une saison où la recharge naturelle est quasi nulle, explique pour partie le passage sous le seuil de vigilance.

 

Un épisode, une tendance

Faut-il y voir un effet du changement climatique ? Sur un seul épisode, non : les niveaux bas actuels tiennent d'abord à une météo particulière, et un événement isolé ne se rattache pas mécaniquement au climat. La lecture sur la durée, elle, est moins ambiguë. Sur les chroniques de l'APRONA depuis 1976, les étés secs se succèdent à un rythme qui n'a plus rien d'exceptionnel : presque tous les étés depuis 2017 figurent parmi les plus déficitaires de la série, et dans le grand Ried les minima s'enfoncent plus vite qu'ailleurs, au point que l'année de référence sécheresse du secteur, longtemps 1976, est désormais 2022.

Cette évolution va dans le sens des effets attendus du changement climatique : des printemps et des étés plus secs, une évapotranspiration accrue, et une demande en eau qui s'installe plus tôt et dure plus longtemps.

 

 

Suivre l'évolution en temps réel :

Vous pouvez consulter ces points et tous ceux du réseau télétransmis, au jour le jour. La nappe en direct donne une vue d'ensemble actualisée toutes les 12 heures.

Nappe en direct : https://www.aprona.net/FR/acces-aux-donnees/nappe-en-direct.html


Suivi par point : Rossfeld, Hilsenheim, Baldenheim, Illhaeusern, Guémar

Retour aux actualités

Newsletter de l’observatoire de l’eau

Abonnez-vous à notre Newsletter et restez informés de nos actualités et de nos nouveautés !

Inscription