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Le Grand Ried se dirige vers des niveaux bas historiques

Au piézomètre de Rossfeld, la nappe a été mesuré le 30 juillet à 157,00 m, égalant le niveau bas de référence de 2022. À Illhaeusern, en mesure depuis 1984, la nappe est descendue le 3 août à 176,11 m, sous le précédent record de 176,13 m atteint lui aussi en 2022. La situation est similaire à Guémar, où la nappe a de nouveau égalé son plancher de 2022 (174,62 m). Ces valeurs sont provisoires : l'année n'est pas terminée et la période de basses eaux se prolonge normalement plusieurs semaines encore.

 

Niveau minimal par année à Rossfeld, Illhaeusern et Guémar. En 2026 (année en cours, données au 4 août), la nappe rejoint le plancher de 2022 à Rossfeld et à Guémar, et le dépasse à Illhaeusern. 
La zone bleue correspond aux niveaux inférieurs au seuil de crise en vigueur, fixé en 2023 et reporté ici sur toute la chronique. Source : données et mise en forme APRONA.

 

 

Ce qu'un niveau bas signifie

Ces valeurs sont à mettre en lien avec leur effet en surface. La nappe d'Alsace ne se vide pas au sens où on l'entend parfois. Son volume, de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards de mètres cubes, varie peu et ce qui baisse est son niveau, celui qui alimente les rivières phréatiques et les zones humides du Ried. Ces cours d'eau émergent directement de la nappe. Quand elle s'abaisse, ils perdent leur alimentation et s'assèchent, comme cela a plusieurs fois été constaté cet été. Un écart de quelques centimètres au sommet de la nappe, infime par rapport au volume total stocké, suffit ainsi à les mettre à sec et provoquer d'importants dégâts sur la faune et la flore aquatique.

 

Un record précoce dans une série qui se resserre

Les niveaux les plus bas jamais mesurés se concentrent principalement sur la dernière décennie. À Illhaeusern, sur les neuf années où le minimum annuel a atteint le niveau du seuil de crise actuel, huit se situent depuis 2015 ; à Rossfeld, 2022 et 2026 sont les deux minima les plus bas de toute la chronique. De plus, 2026 a déjà passé plus de jours sous le seuil de crise que l'ensemble de l'année 2022 : 28 contre 26. Un de nos articles présentait déjà ce constat.


Ces minima ont été atteints dès la fin juillet et le début août, alors que le creux annuel se situe d'ordinaire plus tard dans l'été. Atteindre de tels niveaux aussi précocement, avec plusieurs semaines de baisse possible devant nous, place 2026 en avance sur le calendrier, comme nous le signalions dans cet article.

 

Une baisse appelée à se poursuivre ?

Ces mesures concernent le Grand Ried, secteur où la nappe est peu profonde et en lien direct avec ses cours d'eau. Elles n’indiquent rien sur l'état de la nappe d'Alsace dans son ensemble, dont les caractéristiques et le fonctionnement sont différents ailleurs.

Les orages annoncés dans les prochains jours pourraient produire une remontée passagère, la nappe dans ce secteur étant réactive, mais ils ne la rechargeront pas. En été, les sols secs et l'évaporation absorbent l'essentiel de ces pluies. Sans précipitations durables et à prélèvements constants, le niveau ne devrait pas remonter durablement d'ici la fin de l’été.

 

Suivre la situation

Les niveaux de 37 points de mesure télétransmis, actualisés quotidiennement, sont consultables sur La nappe en direct. La situation hebdomadaire et le bulletin hydrologique mensuel complètent ce suivi.

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